TGV Chine et Europe; l’expérience d’un expat à Shanghaï.

TGV Chine et Europe; l’expérience d’un expat à Shanghaï.

20/10/2017 0 Par Bruno

(mise à jour 27 oct 2017: photos des sièges en busines class)

Cette semaine, Alsthom et Siemens décident de fusionner leurs activités ferroviaires; comme tous, j’ai suivi les informations via divers canaux: TV, journaux économiques, média sociaux. De plus, en écoutant autour de moi, j’ai entendu quelques inepties.
Vivant et travaillant en Chine depuis 4 ans, voyageant très fréquemment pour le travail dans cet immense pays, je souhaite ici partager une expérience et quelques faits.

Photo: rame de TGV chinois en gare de Shanghai Hongqiao.

Quelques faits sur l’infrastructure chinoise et le réseau ferré:

  • La Chine construit et ajoute à son réseau chaque année le même kilometrage que tout le réseau TGV existant Français.
  • Les TGV Chinois sont parfaitement à l’heure, et si le train est prévu à 10h12, il partira vraiment à 12 minutes, et pas a 13 ou 14.
  • Les chinois voyagent enormement pour le business, et peuvent faire 400 km le matin, et retour en fin d’après midi pour une réunion avec un client.
  • Le réseau aérien Chinois est fiable, mais l’espace aérien est géré par les militaires. Ils ont toujours priorité, et ferment des zones entières avec peu de préavis. De plus, seul (grosso modo) 10% de l’espace aérien est ouvert au traffic civil ce qui provoque un engorgement du traffic dans les couloirs alloués; et enfin les conditions météo sont souvent mauvaises avec des pluies violentes voire des typhons.
  • l’urbanisation récente et galopante de la Chine, a créée beaucoup de villes nouvelles, ou d’extension de villes existantes.
    (Par exemple, au sud la rivière traversant Hangzhou j’ai longtemps connu des marécages à perte de vue, une décision d’extension de la municipalité, et hop, 12 mois plus tard nouvelle immense gare TGV, autoroutes, station de transformation électrique haute tension, station d’épuration des eaux usées;  6 mois de plus, les immeubles de bureau et habitation étaient presque terminés et les bungalow de vente fleurissaient de ci de là. 24 mois après la décision, et 1 an après l’ouverture des ventes d’appartement, le prix était passé de 27,000 yuan/m2 lors de la vente à 40,000 un an plus tard! faisant le bonheur…des spéculateurs.)

Photo: Alignement à perte de vue de voies de train en parallèle, et rames de TGV dessus, en arrivant à la gare de Hongqiao, ville de Shanghai

Les modes de voyage des Chinois:

En ville:
  • Le vélo est en libre service à 10 centimes d’euros/heure et on peux les laisser n’importe ou car ils sont localisés individuellement par satellite.
  • Les taxis sont beaucoup utilisés, et pas exclusivement par les foyers à haut revenu comme en France, car leur coût comparatif au revenu moyen les rends plus accessibles.
  • Le métro est propre, moderne, et dessert même les faubourgs…mais il s’arrête à 23h30 car les chinois se couchent tôt et se lèvent tôt.
Entre villes:
  •  Vu la taille du pays, et l’urbanisation, le réseau TGV est très développé, très récent, moderne et propre. Le gouvernement pousse le train, car les autoroutes sont chers et les chinois n’aiment pas conduire sur de long trajets. Ils louent un chauffeur, ou prennent le bus, ou autres transports en commun.
  • Bref, les chinois sont très individualistes dans la vie mais culturellement collectivistes en ce qui concerne les transports.
    —> cet élément est fondamental Car en conséquence, le taux de remplissage des trains et avions est très élevé, facilitant la rentabilité.
  • Les avions étant tout le temps en retard de plusieurs heures, pour des trajets de 1:30 à 3 heures, les Chinois choisissent exclusivement le train pour les trajets inférieurs à 600km. Mais aussi pour des trajets de +/- 1000 km voire 1800km quand les fortes pluies de mousson et typhons retardent les avions alors que les trains sont à l’heure.

 

Les gares TGV chinoises:

 

Enormes, conçuent pour gérer des flux énormes de voyageurs, avec 25 à 30 voies en parallèle, et des commerces dans la zone d’attente. Cependant, le flux de voyageur est énorme comparé à l’occident. Les bâtiments sont donc dimenssionnés en conséquence. Voir photo ci dessous, le hall de la gare de Nanjing.

Les gares sont accessibles exclusivement aprés passage des bagages au rayon X, ainsi que portique à détection de métaux pour les voyageurs. (voir photo ci-dessous). Les animaux sont interdits (tous, même chat en panier).

Le parc de motrices et rames de TGV chinois doit probablement être phénoménal, au vu de la quantité de train que je vois dans les gares lors de mes déplacements.

 

Photo: en arrivant à l’une des gares TGV de Shanghai, voici le nombre de voies et TGV qui sont en cours… des trains alignés à perte de vue…ça se passe de commentaires.

 

Les rames du TGV chinois et types de billets:

 

Le TGV chinois comprends en général 3 classes: Seconde, Première et Business. Mais comme on est supposé être dans un pays communiste, hors de question de dire seconde et première classe…donc ce sont littéralement les « sièges durs » et « sièges mous ». 🙂

  • La seconde classe comprend en général 5 sièges par rangée: 3 + 2 versus l’allée centrale. L’espace pour les jambes est un peu court pour un occidental. La génération des trentenaires étant à 1m80 en moyène et souvent 1m83, eux aussi sont à l’étroit. On peux comparer à la seconde classe de nos anciènnes rames TER.
  • La première classe est très similaire à la notre en TGV Français. Sièges 2+2, prise électrique pour ordinateur, siège légèrement inclinable.
  • La classe business se veux l’équivalement de notre TGV pro; mais là… impossible de comparer par rapport à quoi que ce soit en France. le modèle c’est l’avion, et son siège business. Il y a en effet une clientelle d’affaires qui voyage en business en avion, qui prends aussi souvent les trains pour des trajets de 1000 à 1800km, et souhaite un vrai lit qui s’ouvre à 180°, connexion internet grace au téléphone 4G, et travailler ou dormir, pour arriver à l’heure quelque soit les conditions météo.

Voir photos ci dessous.

 

 

 

 

 

 

Conclusion

Je ne dis pas que la fusion Alstom-Siemens est une bonne chose, mais plutôt: 1) c’était un impératif de survie à terme; 2) Siemens apporte sa division signalisation dans le panier, hors c’est là qu’est le marché et la croissance de demain. En effet, les chinois savent désormais faire des TGV, mais pas encore la signalisation au même niveau que les Français et Allemands. L’entreprise française leader de signalisation ferroviaire est SYSTRA, qui ne fait pas partie d’Alstom, donc il y avait un déséquilibre dans l’apport que Alstom apportait versus celui de Siemens…est-ce ce qui explique que Alstom n’ai que 49% du nouvel ensemble? en tous cas, cela doit faire partie de l’équation.